mercredi 31 mars 2010

Ma préférence à moi (tentative de psychanalyse canine)

C'est une chose que les parents d'enfants (oui, oui, je sais...) ne peuvent pas se permettre, et que, de fait, ils ne s'autorisent jamais, si j'en juge par mon expérience de la chose. Mais les parents de chiens, eux, ont loisir de se poser la question : lequel est-ce que je préfère ? Je me la suis posée.

Il est indubitable que Bergotte m'est la moins proche. Les mauvaises langues diront que c'est parce que c'est la seule femelle du trio et que je suis un indécrottable macho : méprisons-les gaillardement. Il n'est pas impossible que l'une des raisons soit sa taille : j'ai toujours eu une préférence marquée pour les grands et gros chiens – et pas seulement l'un ou l'autre : grands ET gros (là, je fournis un commentaire tout trouvé à Nicolas...). De ce fait, et par comparaison naturelle avec les deux autres, Bergotte m'apparaît comme une miniature ; un projet de chien. Ajoutez à cela qu'elle est bruyante et agitée – bref, que c'est une fille dans tout ce que ça comporte de pénible. Et, en plus, elle ne s'intéresse qu'à Catherine, cette petite conne à poil ras (je parle de Bergotte, on l'aura compris).

Swann, ensuite. Il est investi d'une affection qui ne peut se discuter, qui ne s'interroge jamais elle-même, simplement parce qu'il est le plus ancien, le chef de meute, le sage. Entre nous, l'amour n'a plus besoin de preuves ni de démonstrations. De temps en temps, quand ça lui prend, il vient poser sa tête sur mes genoux pour solliciter une caresse que je lui accorde avec empressement, mais sans hâte, comme quelque chose qui va de soi. Comme nous sommes vieux, raisonnables et fatigués tous les deux, nous n'abusons pas de ces effusions : lorsque je retire ma main de son pelage, il retourne à pas lourds dans son panier, apparemment satisfait. Et moi aussi (moi aussi satisfait : je n'ai pas de panier personnel).

Enfin vient Elstir. S'il est devenu mon favori (mais cela fait assez peu : il faut du temps et même une certaine application pour qu'un chien nouvellement arrivé trouve sa place), ce n'est pas, je crois, parce qu'il est le “petit dernier”, ce qui, au fond jouerait plutôt contre lui. C'est que, grandissant à vitesse constante, il ressemble de plus en plus à Balbec, qui reste et sans doute restera le chien des chiens, l'idée de chien, la truffe fondatrice. C'est du reste pour cette même raison que, avant de l'avoir, j'ai craint de ne jamais l'aimer : par peur qu'il ne ressemble trop au disparu. Or, il lui ressemble en effet, et de plus en plus. Non tant de visage, mais par certaines attitudes, regards obliques, port de tête, etc. Mais, plus Elstir se rapproche du modèle, plus en même temps il s'en différencie, s'en autonomise. Il est en train de devenir le fils de Balbec – car il serait tout de même exagéré de parler de réincarnation.

Bien entendu, vous n'êtes nullement obligés de venir leur répéter tout cela.

vendredi 26 mars 2010

Mais jusqu'où s'arrêtera-t-il ?

Elstir adore aller se promener en voiture : le moindre prétexte lui est bon, et il ne se fait jamais prier pour sauter dans le coffre – même s'il lui arrive encore de rater son coup et de se vautrer à demi. Ce matin, je l'ai donc emmené chercher le pain à Pacy – plus trois ou quatre bricoles chez l'Arabe, mais ce n'est pas le sujet du billet. Et, au retour, passant devant, nous nous sommes arrêtés à la clinique vétérinaire de Saint-Aquilin, afin de procéder à la pesée de la bête. Eh bien, cette peluche de huit kilos (photo) que nous avons accueillie à la mi-novembre en fait désormais trente-cinq. Encore dix ou douze et Monsieur Biche aura atteint son poids de croisière. Inutile de vous dire que, pour ce qui est de se réfugier sous la table basse du salon, il n'y faut même plus songer...

mercredi 17 mars 2010

À dix pattes dans le champ d'orchidées

Hier, comme la visite que nous attendions avait bêtement raté le train de 14h21 pour Vernon, nous avons tué le temps par une petite promenade avec les chiens, dans le champs aux orchidées – mais y avait pas d'orchidées. « Et Catherine, elle était là aussi ? », s'enquiert le bon peuple. Évidemment, crétin de bon peuple : tu crois peut-être que c'est Swann qui a pris la photo ?

mardi 9 mars 2010

Une petite lettre de son moulin


On était venu à La Croix-Saint-Leufroy pour y voir l'ancien moulin où a vécu Marcel Pagnol à compter de 1956. On l'a certes trouvé, mais de là à dire qu'on l'a vu... Pour compenser la semi-déception de cette maison entr'aperçue, on s'est offert une petite marche roborative et venteuse sur les flancs de la vallée de l'Eure. Et, pour une fois, c'est la photographe qui s'est retrouvée fixée sur la pellicule – façon de parler puisque, de pellicule, il n'y avait point.

lundi 1 mars 2010

Pas de doute : c'est elstir la vedette

Il n'y a pas que Nicolas 1er pour avoir droit à son petit nuage ! Les chiens aussi, et c'est grâce à un nouveau blog intitulé Drakkar du web. Ce que je m'explique moins bien, c'est la présence ici de Géraldine et Liselotte, les deux gouinettes de la Brigade mondaine. (Parce que toutes des chiennes, risqueront certains esprits mal placés – mais je ne les suivrai pas sur ce terrain.)