jeudi 16 novembre 2017

Gourmet fainéant


Charlus est donc notre quatrième chien en vingt ans : aucun avant lui n'a jamais eu cette curieuse façon de dîner couché, les deux pattes avant encadrant la gamelle de croquettes. La terminaison en “us” de son nouveau nom l'aurait-elle enclin à se prendre pour un patricien de Rome ?

Rajout du lendemain : Nicolas, en commentaire, me signale ma grosse bévue, imputable sans doute au grand âge ; Charlus n'est pas notre quatrième mais bien cinquième chien ! Les précédents furent, dans l'ordre de leur arrivée, Balbec, Swann, Bergotte et Elstir.


mercredi 8 novembre 2017

Rapports de bon voisinage


Hier après-midi, à l'occasion de l'une de ses toutes premières sorties dans le vaste monde, Charlus a fait la connaissance de Félix, son voisin d'en face. Qui, soudain, nous a fait l'effet d'un énorme chien…

lundi 30 octobre 2017

Cocker à l'amande douce


On s'est avisé de la chose dès hier, au bout d'une vingtaine de minutes passées dans cet espace restreint et clos qu'est une automobile suédoise : à l'odeur provenant de la banquette arrière, nous eûmes soudain la pénible certitude que l'éleveur pont-audemérien nous avait méchamment escroqué en nous refilant, en place de chien, un authentique putois ; impression qui a perduré jusqu'à cette fin de matinée, quand, après avoir fait l'achat idoine à la clinique vétérinaire, Catherine a gaillardement shampooiné Charlus dans l'évier de la cuisine. Et c'est ainsi que nous nous retrouvâmes, après séchage, à voisiner avec un cocker à l'amande douce.

dimanche 29 octobre 2017

Procession de fantômes


C'était pendant l'apéro ; tout à l'heure (ce qui explique peut-être le flou de la photo : le pouilly fumé se marie parfois assez mal avec les exigences de l'art). Le renard a été acheté il y a déjà une semaine par Catherine : son idée était de le frotter contre le poil de la mère de Charlus, afin d'adoucir, si possible, l'arrachement qu'allait subir l'enfant canin ; ce fut fait ce matin. Le chiot, une fois arrivé, s'est jeté sur ce substitut, comme on peut le voir ; mais ce n'est pas ce que j'avais l'intention de raconter.

Un peu plus tard – le pouilly menaçant extinction, je venais d'ouvrir un flacon de sancerre –, des fantômes se sont levés, réclamant leur droit à mon attention. Déjà, ayant à peine changé de position, Charlus avait cessé de ressembler à un chien en bas âge, pour muer en une sorte de créature fantastique, bien que rigoureusement endormie, qui tenait du rat des champs, ou du hamster géant, qu'un mauvais tour de la nature aurait affublé d'une tête de petit singe mort : c'était assez perturbant.

Le fut encore davantage l'apparition, en fantômes translucides, de Swann et de Bergotte, à la place précise où se trouvait l'arrivant. Swann parce que c'est là que se trouvait le panier où il a passé les dernières années de sa vie, et Bergotte pour une raison assez semblable. Ils ne paraissaient pas, l'un ni l'autre, nous en vouloir de cette intrusion, de ce piétinement juvénile de leurs anciennes plates-bandes. Mais, tout de même, flottait dans leurs regards – qui ne me voyaient pas – quelque chose qui s'apparentait à un “j'en étais sûr” à l'arrière-goût un peu de nostalgie.

Quant à Balbec et Elstir, les jumeaux suisses qui ne se sont jamais connus, on les sentait prêts à offrir leurs services de médiateur, sans daigner pour autant bouger de leurs paniers célestes.

Charlus is well and alive and toutes ces sortes de choses



Première sortie dans le jardin, pour se dégourdir les pattes après le voyage initiatique à bord de la caisse à chat, véhicule forcément un peu humiliant pour un chien de haute race et de lignée ancienne. Puis, présentation à Sa Majesté Golo 1er : en sujet docile et connaissant les préséances voulues par l'étiquette, c'est le nouvel arrivant qui a fait le premier pas. L'entretien a été bref, relativement frisquet, mais aucune rupture des relations diplomatiques n'a été à déplorer.