vendredi 27 septembre 2013

La grande indulgence de nos chiens


Ils ne s'occupent que de nous, c'est entendu ; nous sommes leurs dieux et leurs démons, leurs rêves et leurs cauchemars ; leur minutieux quotidien et la totalité de leur vie. Néanmoins, parfois, chez le maître, point le soupçon qu'il n'a pas l'importance qu'il se donne, qu'au fond…  Et si nos chiens se moquaient absolument de nous, mais, par une sorte d'indulgence longanime, s'appliquaient à ne nous le faire pas voir ? Le soir, par exemple. Ils sont là, autour de vous, dans les paniers ou sur les tapis respectifs, ils dorment ou reposent, font semblant de l'un ou de l'autre, qu'importe : ils sont tranquilles. 

Et alors, vous mettez de la musique ; je veux dire que, pour eux, vous produisez soudain du bruit. Qu'importe ce qui sort de vos haut-parleurs – la sonate D 960 de Schubert, Claude François, Stockhausen, Charlie Parker, Guillaume de Machaut, Léo Ferré, ou même cette vomissure de nègre décérébré et violent qu'on nomme rap –, vos chiens s'en foutent, ils ne bougeront pas une oreille, qu'ils ont pourtant fine. Vous pouvez monter le son : aucune réaction ; ils sont ailleurs tout en étant là, et vigilants : ils n'entendent pas ce qui vous ravit, ils doivent sans doute se concentrer sur autre chose, sur un essentiel qui nous échappe plus ou moins. Leur essentiel, c'est nous ; mais pas du tout ce qui nous occupe et nous distrait.

lundi 29 juillet 2013

La taupe n'a qu'à bien se tenir…


Golo a repéré le monticule trahissant sa présence et ne décolle plus de là depuis le début de la matinée : les prochains travaux d'aménagement risquent d'être périlleux ; d'autant que, vu l'état de la taupinière, flambant neuve hier, il n'est pas impossible qu'un des chiens soit déjà passé par ici pour lui compliquer l'existence. Les bâtisseurs sont de grands incompris.

jeudi 18 juillet 2013

Tout le monde à la douche !

Dès que la température dépasse les 30°, les chiens commencent à raser les murs : ils savent que, pour leur “bien”, leur maîtresse va braquer sur eux le tuyau d’arrosage et les tremper jusqu’à la peau. Elstir, première victime, malheur aux jeunes, n’a pas l’air d’apprécier…
Swann pas davantage, mais il a la résignation des quasi centenaires…
Quant à Bergotte, elle s’enfuit et court encore !

jeudi 27 juin 2013

Quand nous aboierons le temps des cerises…

 Il y a deux ans, Elstir s'est découvert une passion pour les cerises. On l'a vu alors passer tout son mois de juin la truffe au ras de l'herbe, cherchant les fruits précieux afin de les avaler, queues et noyaux compris. Ensuite, chaque partie faisait son travail : les queues se laissaient digérer sans se faire remarquer, les noyaux s'aggloméraient intacts dans les merdes que nous ramassions ensuite, la pulpe lui donnait la chiasse…
 L'année dernière fut une triste saison car l'arbre resta muet de fruits. Mais cette année il en croule, et l'orgie est quotidienne : voilà un chien qui ne risquera pas la carence en vitamine C. Quant à ses déjections, elles ne comportent en ce moment à peu près plus que des noyaux…
L'enthousiasme d'Elstir fut si communicatif, son exemple à ce point entraînant, que Bergotte, elle qui n'avait jamais accordé la moindre attention aux cerises tombées, Bergotte s'est mise à les traquer à son tour, jusque dans la haie, où elle est la seule, vu sa taille, à pouvoir se faufiler plus ou moins. Et, à les voir mastiquer l'un et l'autre, du matin au soir ou presque, Catherine et moi nous félicitons de ne pas avoir choisi de planter un arbre à pastèques.

mercredi 26 juin 2013

Quand Golo ne grimpe plus dans le cerisier, c'est le cerisier qui descend jusqu'à lui


Ami lecteur, une chatte rousse nommée Golo est cachée quelque part sous cette branche de cerisier cassée, que la maîtresse de l'animal a posée sur une table de pique-nique, afin d'éviter que ces abrutis de chiens ne se rendent malades en en mangeant tous les fruits : sauras-tu la trouver ?

Si le jeu dépasse tes compétences et ton sens de l'observation, recommence depuis le début, mais avec la photo du bas : tu verras, c'est beaucoup plus facile !

(Mais qu'est-ce qui me prend, de tutoyer le monde comme ça, moi ?)




lundi 24 juin 2013

Elstir indigné : le greffier omniprésent, y en a marre !


Il serait tout de même temps de se rappeler que ce blog a pour nom La Meute des gâteux. Les gâteux, on sait qui ils sont : suivez mon doux regard aimant et soumis… Mais la meute ? Qui est un animal de meute dans cette baraque, hmm ? Le chat peut-être, cet égoïste hautain et vaniteux ? Non ! c'est nous ! Donc, je l'aboie bien haut : les photos de Golo, jour après jour, se laissant complaisamment admirer (alors qu'elle doit faire à peine ses trois kilos toute mouillée : quelle pitié !), se livrant à ses petites mignardises typiquement félines, mimant la toilette pour faire son intéressante, nous regardant de haut sous prétexte qu'elle arrive à sauter sur la table et pas nous, tout cela y en a marre ! Halte aux dérives chattières ! Revenons aux fondamentaux ! Replions-nous sur nos minima ! Et donnons de nouveau à voir de fiers animaux, nobles, forts, magnifiques et pourtant si simples.

(Je ne dis pas ça spécialement pour moi, notez bien… C'est un pur hasard si c'est justement moi qui passais devant l'appareil, hier… Je sais rester modeste… à mon humble place de star…)

samedi 22 juin 2013

La toilette au soleil


Puisque personne ne semble vouloir s'en servir, de cette table de terrasse (sauf, parfois, mon bedonnant maître, lorsque l'envie lui prend de s'arsouiller à l'air libre), autant que je me l'accapare : pour la toilette, y a pas mieux. C'est stable, il y a une rambarde de sécurité, et je suis hors de portée des truffes de chiens, ces gros indélicats qui adorent venir me baver sur l'échine lorsque je sors de mon bain.

dimanche 16 juin 2013

lundi 10 juin 2013

Golo, princesse au petit pois (pour complaire à Marchenoir)

Si certains se demandent à quoi riment ces empilements de fauteuil, voici la réponse : les boîtes en carton sont là pour dissuader Bergotte, la nuit venue et nos dos tournés, de dormir sur l'un des deux sièges et d'en ravager les rembourrages de ses griffes non rétractiles ; quant aux quatre coussins, ce sont ceux des deux chaises de terrasse, rentrés un soir précipitamment pour cause de pluie, et que Golo a aussitôt transformés en une couchette-millefeuille des plus confortables, apparemment. Et elle dispose même de 60 kilos de descente de lit. En prenant ces photos Catherine n'a dérangé personne, hormis la jeune fille effarouchée qui sortait à ce même moment de son bain de rivière…


Pour la dernière photo, Golo s'est transportée dans le petit salon et s'est installée sur le repose-pieds qui est censé me rendre plus confortables les longues stations nocturnes devant la télévision. Et je les allonge où, maintenant, mes jambes ? Tu te démerdes…


jeudi 6 juin 2013

La photo dans la photo ou le syndrome de la Vache qui rit

Voici un blog original : le tenancier demande à tous les contributeurs éventuels de lui envoyer une photographie réalisée par eux, à l'endroit exact d'une photographie plus ancienne, laquelle doit être juxtaposée au cadre de la première. Ce que je raconte là est totalement imbitable, mais vous comprendrez en allant sur le site mis en lien ou, plus immédiatement, en regardant ci-dessous, la réalisation de Catherine, qui date de ce matin. La photo qu'elle tient à la main doit dater de huit ou dix ans, et c'est Balbec qui pose pour elle ; sur celle d'aujourd'hui, Elstir a pris la relève…
Le lien vers la photo.
La Côte blanche, au Plessis-Hébert

dimanche 12 mai 2013

On passe à table


Mon pauvre Golo ! si tu t'imagines que l'écureuil va passer chercher des noisettes dans son garde-manger d'hiver, tu te fiches les coussinets dans l'œil…

samedi 11 mai 2013

Swann au pied du mur


“Privilège” de l'âge (on connaît ça aussi, nous autres…), Swann a désormais droit à une promenade pour lui tout seul, parce qu'il n'est plus capable d'aller aussi loin qu'Elstir et Bergotte. C'est-à-dire qu'il serait sans doute capable d'aller aussi loin, mais sa maîtresse s'exposerait alors à faire le trajet du retour avec soixante kilos de chien sur les bras : merci bien.

Et ce n'est pas la peine de nous regarder comme ça : non, on n'ira pas plus loin que le tournant de la rue !

lundi 21 janvier 2013

Les papattes dans la poudreuse


C'est un plaisir que l'on ne peut guère s'offrir, sous nos latitudes haut-normandes, que deux ou trois jours dans l'année, et encore pas toujours : il s'agit donc de ne pas louper le coche ! Évidemment, dans le petit bois, à couvert des arbres, ce n'est pas la Sibérie du nord, question enneigement ; mais dans les champs et les chemins, il y a tout de même de quoi se geler un peu les coussinets. Après, on rentre au chaud et on se rendort jusqu'à la gamelle du soir…

jeudi 17 janvier 2013

Vivement le dégel, bon sang !

Boire un petit coup lorsque toutes les flaques sont gelées n'est guère facile…

… et ce ne l'est pas beaucoup plus lorsqu'on dispose d'un abreuvoir personnel.

mardi 15 janvier 2013

Quand Golo prisonnier, lui toujours faire ainsi


Le chat est un animal furtif, on le sait. Si bien qu'il peut arriver que Golo se glisse dans la Case sans que je m'en aperçoive, trop occupé que je suis à taper mes sempiternelles conneries sur le clavier de cet ordinateur. Jusqu'à maintenant, lorsque je le laissais là, seul et enfermé, il se contentait d'attendre mon retour. Il vient de trouver un raffinement nouveau pour abréger cette attente : il se poste sur le coin de mon bureau et regarde vers la maison, sachant – ou ne sachant pas – qu'il ne se passera pas trop de temps avant que Catherine ou moi ne sorte sur la terrasse afin d'y fumer une cigarette ; et, du même coup, ne le voie. Il n'a pas encore appris à faire signe avec la patte pour attirer notre attention, mais on ne désespère de rien.

vendredi 11 janvier 2013

Le gros édredon du chat frileux


La scène se reproduit désormais chaque soir, immuable, depuis environ une semaine, sans que rien ne l'ait laissé prévoir auparavant. Avant d'aller me coucher, je prends soin depuis toujours (le “toujours” du chat, pas le mien…) de virer Golo du petit salon télé – sinon, dès que l'aube pointe, il se met à miauler sans discontinuer à la porte de la chambre contiguë… –, pour le consigner dans les autres pièces, où dorment déjà les chiens. Jusqu'à maintenant, il rejoignait alors le salon principal pour y dormir sur l'un des fauteuils ou le canapé. Mais, depuis quelques jours donc, il a décidé que la bedaine d'Elstir était plus chaude et plus confortable que le cuir d'ameublement et qu'il y avait bien de la place pour deux sur le tapis du chien. Lequel chien semble prendre bien garde de rester rigoureusement immobile afin de ne ne surtout pas déranger son nouveau compagnon de nuitée…