vendredi 27 septembre 2013

La grande indulgence de nos chiens


Ils ne s'occupent que de nous, c'est entendu ; nous sommes leurs dieux et leurs démons, leurs rêves et leurs cauchemars ; leur minutieux quotidien et la totalité de leur vie. Néanmoins, parfois, chez le maître, point le soupçon qu'il n'a pas l'importance qu'il se donne, qu'au fond…  Et si nos chiens se moquaient absolument de nous, mais, par une sorte d'indulgence longanime, s'appliquaient à ne nous le faire pas voir ? Le soir, par exemple. Ils sont là, autour de vous, dans les paniers ou sur les tapis respectifs, ils dorment ou reposent, font semblant de l'un ou de l'autre, qu'importe : ils sont tranquilles. 

Et alors, vous mettez de la musique ; je veux dire que, pour eux, vous produisez soudain du bruit. Qu'importe ce qui sort de vos haut-parleurs – la sonate D 960 de Schubert, Claude François, Stockhausen, Charlie Parker, Guillaume de Machaut, Léo Ferré, ou même cette vomissure de nègre décérébré et violent qu'on nomme rap –, vos chiens s'en foutent, ils ne bougeront pas une oreille, qu'ils ont pourtant fine. Vous pouvez monter le son : aucune réaction ; ils sont ailleurs tout en étant là, et vigilants : ils n'entendent pas ce qui vous ravit, ils doivent sans doute se concentrer sur autre chose, sur un essentiel qui nous échappe plus ou moins. Leur essentiel, c'est nous ; mais pas du tout ce qui nous occupe et nous distrait.

9 commentaires:

  1. On ne sait pas toujours ce qui se passe dans la tête des gens, alors les chiens !

    RépondreSupprimer
  2. C'est une sorte de bruit qui ne les concerne pas.
    Bougez la laisse ou la gamelle, le résultat sera tout autre, c'est un bruit qui vous concerne, eux et vous.
    J'ai eu un chien qui se sentait terriblement concerné par le son de l'harmonica et celui du saxophone, ça le faisait chanter, une sorte de son modulé qui ressemblait au hurlement du loup, en moins glaçant, ça amusait beaucoup les enfants et je devais souvent confisquer l'harmonica pour épargner les cordes vocales de la pauvre bête. (celui là même qui crachait les noyaux de cerise, on va encore dire que j'affabule)

    RépondreSupprimer
  3. Moi , mes chiens je leur parlais aussi par télépathie et ils m'entendaient très bien ......
    C'était des chiens de travail comme on dit parfois ......
    Des chiens de bergère ......
    Mes brebis aussi me parlaient par télépathies et je les entendais aussi ......
    Certaines bergères sont un peu des sorcières ......
    C'est leur relation avec la terre , celle d'autrefois , d'il y a longtemps , d'avant ......
    Mais j'en ai dit assez et peut être trop déjà .......
    Je garde mes secrets ......

    RépondreSupprimer
  4. Bonjour Catherine, vos chiens sont vraiment sympa.
    On aurait envie de leur faire de gros câlins, de se rouler avec eux dans l'herbe!
    Bonne journée à vous et à la petite troupe.
    Au fait, Golo est toujours devant le monticule de Madame Lataupe?

    RépondreSupprimer
  5. Ce pauvre chien n'a pas chez lui une gamelle d'eau propre? Lamentable de constater à quoi il en est réduit!

    RépondreSupprimer
  6. Les chiens aiment qu'on leur parle, qu'on rit de leurs bêtises. C'est probablement dû à notre aura qui change en fonction de notre état d'Âme ? Toujours est-il que j'ai eu un loulou qui n'aimait pas la musique générique d'un feuilleton qui passait sur une chaîne de TV. Il y a donc des sons qu'ils aiment et d'autres pas. Mettez leur du Vivaldi, et vous les verrez apaisés. Il y a d'ailleurs sur la toile, des vidéos de chiens musiciens :-)

    RépondreSupprimer
  7. Si désolé pour votre Elstir...

    Condoléances d'un ami des animaux.

    RépondreSupprimer
  8. Du temps que je vivais en Bourgogne, dans une grande maison que j'habitais avec mon chat Inouï, il avait l'habitude de se coucher sur le piano pendant mes longues heures de travail. Je pouvais tout jouer, de Bach à Debussy ou Bartok, mais quand je me mettais à Bério ou Boulez, il déguerpissait en vitesse.

    RépondreSupprimer